Anim' Partout

Anim' Partout

Identifiez-vous
Pseudo :
Mot de Passe :
mot de passe oublié ?


L'âge des (grandes) questions

Entre 3 et 5 ans, l'enfant se socialise, entre à l'école, commence à se comparer aux autres et à se poser de grandes questions. C'est un stade tout à fait sain et normal de son développement, mais l'animateur peut être démuni face à cette avalanche de questions qui semblent soudaines et sorties de nulles part. Voici quelques pistes pour ne pas se laisser déstabiliser.



La grande question sur la vie, l'univers et le reste

Au début de l'âge des questions, l'enfant va questionner des vérités fondamentales : la naissance, la mort, les faits naturels tels que le vent ou la pluie... Les réponses à ces questions sont souvent complexes et les enfants ne sont pas en mesure de les comprendre si jeunes. Il vaut mieux leur offrir une réponse simplifiée, en accord avec la réalité (parlez de "gros câlin" et de "petite graine" plutôt que de cigognes quand il vous demandera comment on fait les bébés...) mais à la mesure de leurs capacités et connaissances déjà acquises.
N'hésitez pas à vous appuyer sur des livres documentaires ou des albums pour expliquer les choses !


La socialisation

Autre grand thème des questions des enfants : l'amour, l'amitié, bref les relations humaines. Ces questions là sont de 3 sortes :
  • "Pourquoi Julie veut pas jouer avec moi ?" ou "Pourquoi Medhi veut pas être mon amoureux ?" : ce sont les questions sur des cas particuliers, qui appellent une réponse personnalisée et adaptée à chaque situation. Rappelez la notion de consentement, de réciprocité : on ne peut obliger personne à tomber amoureux ou à être ami avec soi...
  • "Est-ce que je peux être amoureux d'un garçon ?" : Les questions sur la norme sociale, qu'ils ont vue dans les dessins animés, leur entourage... Rassurez les enfants sur leurs ressentis tout en rappelant la différence entre amour "amoureux", amour "familial", et amitié - qui n'a jamais entendu "Ma petite soeur je l'aime tellement qu'on est amoureuses !" ? C'est normal à cet âge de ne pas bien distinguer ces sentiments forts et complexes, pas d'inquiétude !
  • "Et toiiii, t'as une amoureuuuuse ?" : La curiosité et le besoin de comparaison. Dans ces cas là, évitez le mensonge - l'enfant sera déçu et déconcerté en apprenant la vérité -, en revanche si l'on est gêné/e il est tout à fait possible de répondre que l'enfant n'a pas à se mêler de la vie de son animateur, c'est une limite normale !


Questionner les règles

L'enfant va aussi chercher à questionner les règles de vie : pourquoi aller faire la sieste ? Pourquoi il faut manger des légumes ? N'y voyez pas de contestation, à cet âge l'interrogation est réelle et sincère : l'enfant cherche le bien-fondé de ces obligations et sera tout à fait satisfait d'une réponse comme "c'est indispensable à ton corps pour avoir de l'énergie et bien grandir !". Expliquez aussi que cette règle relève de la norme : la nuit, tout le monde va dormir, c'est comme ça ! L'enfant sera rassuré d'être ainsi inclus dans un tout.


SOS ! Moi, l'adulte infaillible, je ne sais pas répondre...

Si vous ne savez pas répondre à la question d'un enfant, n'hésitez pas à l'admettre. Voici quelques idées de réponses qui devraient satisfaire l'enfant même si vous êtes incapable d'éclairer sa lanterne :
  • "Je ne sais pas. On pourrait regarder ensemble dans un livre si tu veux ?"
  • "Je ne sais pas... Et toi, tu en penses quoi ?" (...) "Oui, c'est possible. Il faudra qu'on vérifie !"
  • "Je ne sais pas. Tu veux bien attendre demain ? Je vais me renseigner ce soir." - dans ce cas, tenez réellement votre engagement !
  • "Je ne sais pas mais tu devrais demander ça à ... je suis sûr/e qu'il/elle le sait !" - dirigez l'enfant vers un collègue ou ses parents n'a rien de honteux, promis.
L'enfant comprends vite que l'adulte ne sait pas tout. Mais si vous lui proposez des solutions, il sera satisfait !


Quand les questions dérivent...

L'enfant peut aussi poser des questions pour attirer l'attention de l'adulte ou retarder une échéance. N'hésitez pas à couper court : "Nous reparlerons de toutes ces questions après la sieste" ; "Là, ce n'est pas le moment. On en reparle plus tard."

Parfois aussi, les questions trahissent une inquiétude plus profonde ; j'ai par exemple eu le cas d'un petit garçon qui s'était mis à poser beaucoup de questions sur l'argent. J'ai appris peu de temps après que la maman venait de perdre son emploi. De même la question "comment on fait les bébés ?" accompagne souvent l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur. Si les questions d'un enfant tournent autour d'un sujet particulier, vous pouvez essayer de lui demander ce qui le préoccupe avec toute la délicatesse dont vous êtes capable, afin de mieux le rassurer.


Après l'âge des questions

Après l'âge des questions, n'allez pas croire que l'enfant perd en curiosité. Il apprend à chercher par lui même les réponses à partir de son expérience - certes bien courte mais déjà riche d'enseignements - et de sa logique en développement. Vers 6 ans, avec l'apprentissage de la lecture, il apprend aussi à chercher des réponses dans les ressources à sa disposition. Les réponses qu'il aura eu de la part de différentes personnes - le parent, l'enseignant, un médecin, ses copains... - lui apprendront aussi à qui demander quoi et ses questions s'inscriront plus souvent dans de vraies conversations, leur donnant un caractère moins "surgi de nulle part".
 
Bref, il grandit. Et vous l'avez aidé sur ce long chemin. Bravo !



Commentaires